Contrôliste

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Publie chez toi diffuse ailleurs

Les réseaux sociaux ont besoin de nous pour créer du contenu et nous avons besoin d’eux pour exister. Au point parfois même de se sentir enfermé. Jusqu’à l’être vraiment, parce que tous nos amis, toute notre existence, tout est coincé sur ces sites.

Portrait d’une relation abusive

Cette relation abusive permet alors aux réseaux sociaux - que l’on va dorénavant appeler enclos, ou silos, parce qu’ils ont vocation à nous parquer - de faire tout ce qui leur passe par la tête.

Les influenceurs connaissent bien ce problème. Les vidéastes de Youtube et Twitch sont régulièrement victime de l’opacité de ces plateformes. Censures, démonétisations, bannissement abusif et algorithmes obscurs.

Alors que ces créateurs font tout le beurre de leurs hébérgeurs, ils ne disposent d’aucun moyen de communication avec leurs corporate overlords, aucune structure pour s’organiser et faire des demandes. Ils ne peuvent absolument rien faire sinon venir pleurer continuellement sur ces mêmes plateformes.

Quand bien même ces artistes seraient pris de l’envie de déménager, voilà que le piège s’est abattu sur eux. Toute une vie de travail est sur Youtube/Twitch/ect. Pareil pour leur public. Alors ils doivent la fermer, rentrer dans le rang. Comme des bons petits entrepreneurs indépendants.

Mais ça ne concerne pas que les influenceurs. Demain, Discord pourrait commencer à foutre des pubs et à planquer des features essentiels derrière un abonnement Nitro (ce qu’ils font déjà plus ou moins) qu’on serait comme des cons. Combien de gens sont encore sur Facebook malgré tous les scandales ? Voilà pourquoi les silos posent problème.

Pour un nouveau rapport de force

Mais comment s’émanciper des silos ? L’exil n’est pas une solution à long terme - toutes les plateformes propriétaires finissent par devenir de la merde, c’est comme ça - et n’est pas toujours possible comme vu précédemment.

Le solutionnisme libriste (Peertube, Matrix, Mastodon) non plus : cela sera toujours des plateformes marginales, trop peu réellement pratique et difficile d’accès pour constituer des vrais réseaux en dehors des cercles d’initiés. Les pathétiques équivalents Web3/cryptobros (Odysee, par exemple) n’ont vocation qu’à devenir des nids à fachos complétement ravagés.

Non, la solution est ailleurs et nous devons être plus malins que ça.

Si les réseaux sociaux avaient besoin de nous, mais que nous n’avions pas besoin d’eux ?

Si l’on avait le choix de bouger où on veut ? Si on avait la possibilité d’être partout à la fois ? Le tout en ayant un contrôle sur nos données, sur nos créations, sur notre contenu ?

Publie chez toi, diffuse ailleurs

La solution nous vient du mouvement indieweb. Ils appellent ça “POSSE” : Publish (on your) Own Site, Syndicate Elsewhere. Malheureusement, Syndicate se traduis mal donc on se démerde comme on peut.

Le principe est simple : poster son contenu sur sa propre plateforme - son site internet - et ensuite faire en sorte de le reposter (automatiquement ou à la main) dans plusieurs silos. Cela permet de maximiser son audience, d’être actif sur les réseaux, mais de rester souverain de son contenu.

Beaucoup de monde le fait déjà intuitivement ou sans trop y penser, mais il faut qu’on arrive à mettre des mots là dessus. Pour moi, cette approche permet de faire la synthèse entre l’auto-hébergement et le besoin d’être dans la boucle spécifique à tous les créateurs.

Ce site internet est intégré à cette démarche. Tous les nouveaux posts et toutes les nouvelles actualités sont diffusées à la fois sur le Discord de la communauté et sur Twitter. Le but ensuite, c’est d’aller plus loin, mais pour l’instant c’est déjà pas mal.

Mais le truc cool, c’est que c’est vraiment facile à faire. Grâce à un outil d’automatisation comme IFTTT ou Zapier (vous inquiétez pas les libristes, il existe aussi des solutions pour vous), vous pouvez le connecter à votre flux RSS - si vous êtes sur Wordpress, vous en avez un - et faire en sorte de poster automatiquement un truc sur Twitter/Discord/Reddit/ce que vous voulez dès qu’une nouvelle entrée est détectée.

Mais n’oubliez pas, vous n’avez même pas besoin d’outils pour faire ça. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut d’abord publier sur son site et diffuser ailleurs ensuite. Que vous soyez instagrammeur, vidéastre, écrivain, artiste, c’est toujours dans votre intérêt.

Un jour, tous ces silos finiront par disparaître. Tout votre travail aura disparu. Vous pouvez vous faire bannir, vous faire censurer, vous faire pirater. Avoir une vraie place sur internet qui vous appartient vraiment, c’est l’assurance de garder la main sur vos créations, de protéger votre identité sur internet et de toujours avoir un moyen de communiquer avec votre audience.

C’est aussi permettre à ceux qui ont décidé de ne pas en faire partie de continuer à vous suivre.

Pour aller plus loin